compositeur

In Estonian


Sula / Fonte

Sula / Fonte
Orchestre symphonique national d'Estonie,
dirigé par Toomas Vavilov
didgeridoo:
Tommy Mansikka-Aho

 

Sula / Fonte

…la transformation des pensées,
des matériaux, des timbres
ou des sons
d’un état
dans un
autre…

 Communique de presse
Résultats de la Tribune internationale des compositeurs 2004 

Helena Tulve  

Nouvelles aspirations – anciennes habitudes.
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HELENA TULVE est née en 1972 en Estonie. Elle a étudié la composition avec Alo Põldmäe à l’École secondaire de Musique de Tallinn, puis de 1989 à 1992 à l’Académie de la Musique d’Estonie, où elle fut jusqu’à ce jour l’unique élève d’Erkki-Sven Tüür. Suivirent les études au CNR de Paris, dans la classe de Jacques Charpentier, où elle obtint un Premier Prix en 1994. De 1993 à 1996, elle a complété sa formation en étudiant le chant grégorien. Elle a participé à des académies d’été avec György Ligeti et Marco Stroppa.
Helena Tulve appartient à la jeune génération de compositeurs estoniens; elle s’est consacrée à une création musicale centrée sur le timbre. Son œuvre embrasse un panorama culturel d’une richesse étonnante, avec des échos de la musique spectrale française ou des expérimentations de l’IRCAM, mais aussi de Saariaho ou de Scelsi, du chant grégorien ou des répertoires orientaux. Issue d’un traitement du son très raffiné, sa musique a une structure fluide, dans laquelle le processus importe davantage que l’architectonique.
Dans ses créations se conjuguent de façon très heureuse précision analytique et manipulation intuitive des timbres. L’atmosphère dans laquelle baignent ses œuvres renvoie principalement à une expérience métaphysique de l’existence, qui se reflète aussi dans les titres ou dans les commentaires poétiques.
En 1998, sa pièce à travers fit partie des trois œuvres sélectionnées par la «Tribune Internationale des Compositeurs» à Paris, dans la catégorie des jeunes compositeurs. En 2000, Helena Tulve a reçu le prix Heino Eller. La même année, elle a commencé à enseigner la composition à l’Académie de la Musique d’Estonie. En 2001, elle a été sélectionnée pour participer aux cours de musique électro-acoustique organisés à Paris par l’IRCAM. Pendant la saison 2001/2002, elle a été compositeur en résidence auprès du Chœur de Chambre Philharmonique d’Estonie. À cette occasion, elle reçut commande de l’opéra «It is Getting So Dark», qui sera prochainement créé.
Les œuvres d’Helena Tulve ont été jouées dans de nombreux festivals, parmi lesquels NYYD Festival, BIG Torino, L’Automne de Varsovie, Vancouver New Music, Gaida (Vilnius), Music of Friends (Moscou), Musica Nova (Gdansk), Les Boréales (Caen), MaerzMuzik (Berlin), Klangspuren (Tyrol), Matrix Herbstfestival (Leipzig), Icebreaker (Seattle), Europamusicale, etc. 

Evi Arujärv, critique musicale :

« Dans la musique estonienne, Helena Tulve est une bâtisseuse de sons très cohérente. Il est remarquable qu’elle n’utilise pas le matériel sonore pour évoquer quelque vision « exotique ». Ses variations de timbre ou de couleur comportent des associations puissamment sensuelles ou dramatiques, et il est un peu étonnant que la compositrice ne se laisse pas piéger par la fascination sonore, mais édifie à l’aide de ces sonorités expressives des structures cohérentes et d’une transparence « classique ». Traces, sa nouvelle œuvre pour orchestre de chambre, produisait par ses nuances visant à l’indétermination (phrases glissando, micro-intervalles, usage des registres extrêmes) l’effet d’un théâtre sonore métaphysique. On avait le sentiment d’un parcours inattendu, mais cependant cohérent... Peut-être l’essence de la créativité réside-t-elle justement dans la mise en œuvre d’un paradoxe. »

(Sirp, 20 avril 2001)


Pour contacter:

e-mail: helena@voxclamantis.ee


principales œuvres

  • Öö (nuit) pour quatuor de saxophones (1997 ; commande du Quatuor de Saxophones de Stockholm),

  • à travers pour douze instrumentistes (1998 ; recommandée à la TIC `98),

  • Sinine (bleu) pour quatorze instrumentistes (1998),

  • Sula (fonte) pour orchestre (1999),

  • Vertige pour piano (2000).

 

Helena Tulve: “J’utilise le mot Sula pour désigner un processus de fonte – la transformation des pensées, des matériaux, des timbres ou des sons d’un état dans un autre. À l’origine de cette pièce se trouve entre autres la notion très actuelle de réchauffement climatique, représentée par la fonte d’une gigantesque montagne de glace. Apparue tout d’abord sur l’horizon, elle se rapproche, froide, brillante et étincelante, voire même aérienne et irréelle, grandissant continuement et occupant petit à petit tout le champ de vision, puis, finalement détachée et libre, s’ouvrant pour laisser jaillir de gigantesques trombes d’eau mugissantes dont l’énergie et la force destructrice se peuvent à peine imaginer. Toutefois, lorsque l’on s’éloigne, la direction du mouvement devient claire et l’on perçoit l’ordre naturel présent dans le chaos.”

 

 

Helena Tulve, à propos de Traces

«Traces. Entendues, écoutées, auscultées. Nouvelles aspirations – anciennes habitudes. Le regard de l’observateur ôte aux traces leur contingence.»

 

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